|  |  | | 1984 - CHRISTINE BOISSON 1985 - ELISABETH BOURGINE 1986 - JULIETTE BINOCHE 1987 - CHATHERINE MOUCHET |
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 |  | | PRIX ROMY SCHNEIDER : FANNY BASTIEN |
 |  |  | | Un pas de deux pour Fanny | | | Elle a les yeux bleus, c'est banal à dire, c'est ça que j'aime. Mais le regard détermine l'actrice. Tout le corps se reflète dans l'iris et sur les lèvres - le mouvement des rides encore absentes - Fanny a 25 ans, 20 ans, 30 ans - sans âge, c'est ça que j'aime.
JACQUES - Il y a aussi chez elle une très grande douceur et quelque chose de sauvage, une violence qui peut aller jusqu'à l'insulte et les coups, un côté si perdu, si égaré. Et tout cela avec ce visage. Ces yeux,. cette démarche maladroite et magique pour traverser les jours et les nuits.
FRÉDÉRIC - Fanny c'est Nadja - brusquement je le vois. L'émotion qui bouge. Comme Nadja, tu comprends... apparence et transparence d'une vérité.
JACQUES - Oui... l'actrice ment. C'est le mentir vrai, celui qui rend heureuse. Il faut toujours, dit-elle, se raconter la vie autrement.
FRÉDÉRIC - Mais alors... parle lui de son métier, ou de ses amis, ou de son passé, elle suivra et ne te répondra pas. Comme si la beauté était de ne rien dire. Elle a la pudeur de la vie. Pour ceux qui la connaissance - unique en toute objectivité.
JACQUES - Elle tangue alors entre pudeur et très légère, très affolante impudeur. Elle se donne tout à fait et reste derrière son geste inatteignable.
FRÉDÉRIC - Elle dit : «falloir ne pas falloir». Elle vit présent et avenir en toute hâte, toute tranquillité. Dans les métamorphoses.
JACQUES - Où est le rêve, où est l'imaginaire ? Chez elle, l'identité est en abîme. C'est cela le style, ce ton qui nous surprend et nous laisse sans voix.
FRÉDÉRIC - Le père l'admire. JACQUES - Le fils l'aime ?
JACQUES SOJCHER, écrivain FRÉDÉRIC SOJCHER, cinéaste
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