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Les  trois signes du feu se sont associés pour saluer la  naissance de Fanny Bastien, qui eut lieu quelque part en Allemagne.

À 14 ans et demi, elle quitte famille et maison,  entreprenant - ses plus chers amis à ses côtés  - plus qu’une aventure : une quête passionnée,  afin de découvrir quel pouvait être son rôle  et sa mission dans cette existence… Elle veut en faîte  renaître à elle-même, compléter  et transformer son éducation; il lui faut, alors,  bien sûr découvrir de quelle manière…  et sous quelle forme accomplir cette transformation. Dans  ses poches, elle emporte trois livres qu’elle estime  essentiels : une œuvre de Jack London, une autre de  Carlson Mac Cullers et enfin le très fameux «  Cristal qui songe » de Théodore Sturgeon…  ces ouvrages ne la quitteront pas.

Après quelque temps d’errance et de divers  petits travaux, elle retrouve le « droit chemin de  sa recherche » et se décide à passer  un concours dans un conservatoire régional de danse.  Admise, elle y restera un an. Impulsive et entière,  Fanny danse, se produit dans quelques spectacles et découvre,  à cette occasion le dur apprentissage du corps qui  se forme et l’éveille à cet art nouveau.  Cet apprentissage la conduit tout naturellement à  entrer dans l’école du Cirque Fratellini «  C’était, un rêve d’enfant, dit-elle,  danser sur un fil, un fil de fer tendu au-dessus du monde,  tel un pont la reliant au « Grand Univers ».

Après bien des pérégrinations, elle  franchit une nouvelle étape, et « acère  ses griffes » aux côtés de Vera Greg,  de John Strasberg et de jack waltzer. Le Théâtre  du Lucernaire l’accueille, lui permettant de se produire  dans une pièce d’un jeune auteur : Jean Marc  Lonval. Le pas suivant est franchi quand elle rencontre  Arrabal qui lui propose un rôle dans son film « Le cimetière des voitures ».  Jacques Fansten la remarque alors et lui donne sa chance  avec « Dorothée danseuse de corde  », une histoire adaptée du livre de Maurice  Leblanc qui relate les déambulations, dans un cirque,  d’une jeune fille qui danse sur un fil, ce fil qui  survole le monde et sur lequel Fanny se plait tant à  évoluer.

Dès lors, le Chemin de la Quête défile,  de plus en plus rapide, sous ses pas impatients. «  Comme sous l’effet d’un sortilège »  dit-elle. Bientôt elle enchaîne film sur film.  Fanny Bastien navigue entre les films d’auteurs et  des oeuvres populaires. Elle tourne, entre autres, avec  Gérard Jugnot, Richard Berry, Bernard Giraudeau,  mais aussi : Anthony Quinn, Donald Sutherland, Yurgen Prochnov,  Robert Powell, Patrick Fierry, Annie Girardot, Mika Kaurismaki,  JacquesDoillon, Brahim Staki, Edouard Niermance (cf.
filmographie).

Au début, ses choix se portent sur des rôles  plutôt décalés, vers des personnages  en marge de la société, imaginaires, baroques,  extrêmes : « C’est une façon à  moi de parler des êtres qui m’ont touché,  de les aimer ». Comme dirait Tolstoï, «  la vraie et seule mission de l’artiste est de faire  aimer aux hommes la vie sous-tous ses aspects ».

S’il vous arrive de la rencontrer, voire mieux, de  lui parler, vous verrez son visage s’animer, la femme  redevenir adolescente aux yeux rieurs… clarté  secrète, susceptible de se métamorphoser soudain  en rire aux milles éclats. Aux questions qu’on  lui glisse, elle répond : « Ma vie…?  Dormir sur une carte du monde, dormir sur de la pellicule,  sur une scène, dormir sur un lit de romarin ».  « Marcher, marcher chaque jour, écouter les  sons, le temps, les arbres ». Le cinéma, la  scène… ? Émotion, espace, lumière,  invention, temple et communication. C’est un métier  que j’aime, oui, car c’est ma vie et c’est  celle que j’ai choisie ! Musicienne et chef d’orchestre  à la fois.

Plus tard, Fanny Bastien crée un lieu, un espace  de création, de liberté. Il se nomme : «  Damned », un nom plein de sens qu’elle imagine  pour son amie styliste berbère Najet, et tous ses  amis créateurs : « Et oui, j’aime bien  les ruches ! ».

Un autre voyage amène Fanny à Moscou en 1988  - juste avant la Perestroïka - pour présenter  le film « Poussière  d’ange » d’Edouard Niermance (Prix ROMY SCHNEIDER). Elle  tombe amoureuse de la Russie et d’un homme russe...  Bouleversements… Silences. Les sept ans qui suivent  la voient voyager, sillonnant la planète tel un oiseau  migrateur; elle apparaît, disparaît, et, peu  à peu, s’éloigne de la France.

De retour, en 1994, elle s’engage aux côtés  de son ami Denis Sellem, le fondateur et président  de l’association Edouard  Kalifat  de Recherches Humanitaires, qui vient d’être  mandaté par la Fédération Internationale  des Ligues des Droits de l’Homme (F.I.D.H.) pour retrouver  la trace de personnes disparues en URSS (soldats, résistants,  déportés) et dont elle est aujourd’hui  membre du Comité d’Honneur. En 2001, elle repart  en Russie pour faire des recherches sur une célèbre  révolutionnaire russe du début du vingtième  siècle. Rien de bien étonnant pour Fanny,  passionnée de sociologie, d’ethnologie, d’éthologie  et des peuples naturels dont elle revendique l’appartenance  : « La vie, je la vis comme un voyage initiatique.  Mon métier de comédienne me canalise, m’éveille  constamment à l’Humain. De plus, il me conduit  à respecter toujours un peu plus ma vie et celle  des autres. Si je pars, c’est pour mieux revenir,  pour allonger mes pas, pour mieux re-débuter ».

«  Quand, dans cette vie, advint le jour de la lumière,  je fus propulsée telle une météorite  dans une sombre forêt, je dois beaucoup à mon  sang arc-en-ciel ! Mon nom est « Bastien » comme  bastion, forteresse… ! « Je suis fille de la  Nature avant tout ! Et arrière petite fille d’un  laboureur, je ne l’oublie pas, j’y tiens beaucoup,  c’est très important pour moi ! ».